L’ancien défenseur du Canadien Donald Dufresne a été repêché en 1986 par le tricolore. Il a participé à son premier match avec le grand club en 1988 et a remporté la coupe Stanley à Montréal en 1993.
« J’étais dans le Bas-du-Fleuve, je jouais au tennis et à mon retour à la maison, mon agent m’avait téléphoné pour me dire que le Canadien m’avait repêché. C’est sûr que pour mes grands parents, qui étaient des grands partisans du Canadien, c’était incroyable ce qui m’arrivait. J’aurais tout fait pour me rendre au grand club. Je sentais la frénésie autour de moi.»
Lorsque Dufresne évoluait à Sherbrooke, c’est Pat Burns qui était là en tant qu’entraîneur-chef.
« J’ai réussi à faire ma place pour évoluer à Sherbrooke. L’année suivante, j’ai connu un bon camp d'entraînement, mais j’ai quand même été retranché. Burns lui venait de faire le saut avec le grand club. Il m’avait dit avant de quitter qu’il garderait son ?il sur moi. Le lendemain je prends le chemin de Sherbrooke. Une fois rendu sur place, le préposé à l’équipement me dit que le Canadien venait de me rappeler. Je lui ai dit que j’avais été retranché la veille. Mais il m’a confirmé que Burns cherchait à me rejoindre pour me dire de revenir à Montréal. »
À son arrivée avec le Canadien, plusieurs vrais glorieux étaient encore sur place. Bob Gainey, Larry Robinson, Rick Green, Guy Carbonneau, Bobby Smith et plusieurs autres.
« Ce qui m’a le plus surpris lors de mon arrivée, c’est à quel point les vétérans étaient toujours là pour bien guider les jeunes. Ces gars-là avaient gagné et nous montraient le chemin. Larry Robinson était mon cochambreur et lorsqu’il me disait qu’on s’en allait à telle place ce soir-là , je le suivais. À plusieurs reprises c’est eux qui payaient la note au restaurant. Il me disait qu’un jour ce serait à moi de faire la même chose. Ces vétérans ont appris des « leaders » qui sont passés par Montréal avant eux (Serge Savard, Guy Lafleur Jacques Lemaire et autres). C’est la graine qu’ils ont appris qu’ils tentaient de nous inculquer. Pour eux, l’ultime c’était de gagner tous les soirs. Lorsqu’on perdait, les vétérans n’avaient qu’une chose en tête : ne pas en perdre une 2ieme consécutive.»
En 1993, Dufresne met la main sur la coupe Stanley.
« Cette année-là , ça avait brassé. Je me souviens qu’un matin Jacques Demers nous avait demandé de se présenter au forum à 8h00 du matin et on était demeuré là jusqu’à 17h00. On avait dû contrer les bouchons de circulation comme le commun des mortels qui allait travailler. Mais on s’est bien regroupé en tant qu’équipe et les choses se sont tranquillement replacées. Une fois rendu en série, après avoir éliminé les Nordiques et les Sabres, la voie s’est ouverte puis que des équipes plus fortes ont été éliminées. On se sentait imbattable. »
Le Canadien comptait 13 Québécois dans ses rangs cette année-là .
« C’était des temps différents. Aujourd’hui le hockey est un sport mondial. Mais que ce soit pour les anglophones ou les francophones, tu dois trouver une unité. Les années que nous avions passées ensemble nous avaient aidés à être plus mature et à se sentir comme une vraie équipe unie. Plusieurs d’entre nous avaient joué ensemble à Sherbrooke, comme c’était le cas pour le groupe qui avait gagné la coupe ensemble en 1986. »
Lorsque Dufresne a gagné la coupe à Montréal en 1993, il savait déjà que son futur ne passait pas par Montréal. Rob Ramage avait été échangé au Canadien cette année-là pour un joueur à être nommé plus tard. Ce joueur-là devait être Donald Dufresne. Mais heureusement, il a terminé la saison à Montréal, lui donnant la chance de gagner la coupe.
« J’avais rencontré la direction pour leur demander comment il voyait mon avenir. Je n’étais pas satisfait de mon utilisation. Le soir où Ramage s’est présenté à Montréal j’ai passé un coup de fil à mon agent et c’est là que j’ai appris que durant l’été, j’allais passer aux Lightning. Même si on le savait tous, il y avait un respect professionnel entre moi et le Canadien. J’ai donc pu continuer l’année pour aider le Canadien à gagner la coupe. »
Aujourd’hui Dufresne se sent choyé d’avoir pu passer par l’organisation du tricolore.
« Jouer pour le Canadien ça fait chaud au c?ur. Mais ce sont les partisans qui font que tu veux toujours te dépasser. Aujourd’hui les gens viennent encore me parler de mes années avec le Canadien. Mes jeunes ici chez l’Océanic de Rimouski ont récemment vu le dernier match que nous avons joué l’année de la coupe. Ils se sont amusés à compiler mes statistiques pour ce match. C’est ça qui est le fun. Ce sont tous les souvenirs que l’on peut garder de ces belles années à Montréal. »
Jeremy Filosa / CKAC Sports






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