Le défenseur Gaston Gingras était reconnu pour son lancer frappé foudroyant. Il a eu la chance de jouer avec le Canadien à deux reprises et c’est lors de son 2ieme séjour qu’il a été capable de mettre la main sur la coupe Stanley.
Lorsqu’il a été repêché par le Canadien en tant que 27ieme choix au total en 1979, Gingras faisait partie d’une belle petite brochette de joueurs sélectionnés par le tricolore. En effet, lors de la même séance de repêchage, Montréal avait aussi sélectionné Mats Naslund, Guy Carbonneau et Rick Wamsley.
« Lors de mon arrivée à Montréal, le Canadien venait de gagner 4 coupes Stanley consécutives. En tant que défenseur, ce n’était pas évident de se tailler une place avec le ‘Big Three’ (Larry Robinson, Serge Savard et Guy Lapointe) déjà en place. Il ne faut pas oublier que Rod Langway était là lui aussi. Ces quatre joueurs-là sont au temple de la renommée aujourd’hui. J’ai quand même trouvé le moyen de jouer une trentaine de matchs à ma première saison. »
Les attentes étaient très hautes à Montréal au début des années ’80 puisque les partisans étaient habitués à voir l’équipe se rendre jusqu’au bout.
« On avait encore une équipe solide avec le ‘Big Three’, Rod Langway, Bob Gainey, Yvan Cournoyer, Guy Carbonneau et Pierre Larouche qui avait marqué 50 buts. Ces gars-là étaient mes idoles. Être dans le même vestiaire que ces gars-là c’était assez fantastique. En fait, nous avions de bonnes équipes en saison régulière. On arrivait quand même à franchir les 100 points, mais c’est en séries que ça se gâtait. On s’était fait sortir coup sur coup en première ronde par les Nordiques, les Oilers et les Sabres. »
Lors de la saison 1982-83, Gingras est échangé aux Maple Leafs de Toronto.
« On était à Calgary, c’était le temps des fêtes. C’est là que Dan Daoust et moi avons été échangés à Toronto. C’était bouleversant, on passait d’une équipe qui ne pouvait se permettre de perdre un seul match à une équipe qui n’avait que 5 victoires en banque. C’était vraiment une atmosphère de perdant à Toronto. Il y a des moments dans ta carrière où tu crois que c’est la fin du monde, mais tu trouves le moyen d’avoir un regain de vie. C’est ce qui m’est arrivé à Toronto. »
Gingras a été ré-échangé à Montréal contre un joueur qui était déjà dans son équipe à Ste-Catherines. Larry Landon était un joueur du Canadien, prêté aux Maples Leafs et qui cochambrait avec Gingras. C’est d’ailleurs lui qui lui a appris la nouvelle.
Lors de son 2ieme passage dans l’organisation du tricolore, Gingras est passé par le Canadien de Sherbrooke là où il a eu la chance de mettre la main sur la coupe Calder.
« Patrick Roy, Stéphane Richer et plusieurs autres jeunes ont ensuite fait le saut avec le Canadien. C’est là qu’il y a eu une fusion entre les vétérans de l’équipe et les recrues. Je mentirais si je disais qu’on s’attendait à gagner la coupe. Il y a eu des surprises cette année-là , le Rangers et les Oilers ont été éliminés tôt en série. C’était une coupe imprévue pour moi et pour l’équipe. Disons que dans mon cas à Ste-Catherines je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel.»
Gingras a finalement joué 11 matchs en séries cette année-là en accumulant 5 points.
« Gagner une coupe Stanley, pour un jeune québécois qui rêvait de jouer pour le Canadien, quand cette journée-là arrive c’est un moment phénoménal. Je dois aussi dire que le premier match que j’ai joué pour le Canadien, ça demeure aussi un de mes meilleurs souvenirs. D’avoir pu faire partie de cette dynastie-là ça se compare à jouer pour les Yankees au baseball. Tu ne peux pas imaginer, même en Russie et en Europe à quel point les gens m’arrêtaient pour me parler à cause de ma bague de la coupe Stanley à l’effigie du Canadien. Le Canadien c’est une dynastie reconnue partout sur la planète. »
Jeremy Filosa / CKAC sports






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