« Tous les québécois devraient avoir la chance de jouer pour le CH. » -R. Sévigny

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L’ancien gardien du Canadien Richard Sévigny (1979 à 1984) est un des rares joueurs de l’histoire de la ligue nationale à avoir remporté la Coupe Stanley avant d’avoir joué son premier match dans la ligue nationale. En 1979, Michel Larocque se blesse durant la série finale de la coupe Stanley face aux Rangers. C’est Richard Sévigny qui prend sa place comme substitut. Le Canadien remporte la coupe Stanley et Sévigny voit son nom être gravé sur la coupe avant même d’avoir disputé un premier match dans la ligue nationale.

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« Larocque s’était blessé à la tête suite à un lancer frappé reçu au visage. C’est sûr qu’aujourd’hui je me considère chanceux de voir mon nom sur la coupe Stanley et d’avoir une bague, mais je dois dire que je ne suis pas attaché à cet exploit. Je garde ma bague dans un tiroir et aujourd’hui je considère ça comme une page d’histoire. »

Le Canadien avait originalement sélectionné Sévigny au 7e tour du repêchage de 1977, 124e au total.

« Je me souviens que lorsque le Canadien m’a repêché, c’est un journaliste de Sherbrooke qui m’a téléphoné pour me le dire. À ce moment-là, le Canadien avait plusieurs bons gardiens dans ses rangs, dont Ken Dryden et Michel Larocque. Faire le grand saut pour moi était pratiquement mission impossible. En réalité, même d’âge junior, mon but à ce moment-là était de jouer une année professionnelle pour pouvoir vivre cette expérience. Finalement, la roue a tourné différemment. »

En 1981, Sévigny, Denis Héron et Michel Larocque remportent tous ensemble le trophée Vézina pour la meilleure moyenne d’équipe. Les 3 gardiens avaient gardé les buts au moins 25 fois.

« Michel n’était pas heureux de la situation. Il me demandait même pourquoi ce n’était pas lui qui débutait certains matchs. Je lui répondais en lui disant que c’était l’entraîneur qui décidait. Plus tard Larocque avait été échangé et vers la fin de la saison je me suis organisé pour que Denis Héron joue les dernières minutes du dernier match à ma place pour qu’il puisse, lui aussi, avoir un 25e match en poche et du même coup obtenir, lui aussi, le Vézina. L’année suivante, la ligue a changé le système des trophées pour les gardiens. »

Durant les séries de 1981, un article écrit par le journaliste Bernard Brisset fait la manchette. Sévigny avait, apparemment, dit que Guy Lafleur allait mettre Wayne Gretzky dans sa petite poche. Cette déclaration aurait fouetté les Oilers qui ont finalement eu le meilleur du Canadien. Cette déclaration devait passer à l’histoire.

« Ça ne s’est pas passé comme ça. Lafleur s’était blessé lors d’un accident d’auto. Ce matin-là il s’était entraîné avec nous. Quelques journalistes dont Bernard Brisset de la Presse étaient au tour de moi pour dans le vestiaire après la pratique. Après la fin de l’entrevue, Brisset ferme son calepin et on commence à jaser de tout et rien. Lorsqu’il m’a demandé quel genre de pratique Lafleur avait connu, je lui ai dit que ça s’était bien passé. Je lui avais donc dit : « Comme je l’ai vu ce matin, ça ne me surprendrait pas de voir Lafleur mettre Gretzky dans sa petite poche. » Le lendemain matin l’article a fait la une de la Presse. Tout ce que je peux dire aux joueurs du Candiens c’est : méfiez-vous des journalistes! Ça m’est arrivé plus d’une fois. Ensuite on se demande pourquoi les joueurs québécois ne veulent pas venir jouer ici. »

Sévigny était le gardien d’office le fameux soir du Vendredi saint face aux Nordiques. Sévigny avait laissé tomber les gants et avait donné toute une raclée au gardien des Nordiques Clint Malarchuk.

« Aujourd’hui c’est juste drôle. Même que le combat peut être vu dans le fameux coffret DVD présentement vu par le Canadien. Je travaille dans le milieu scolaire et certains jeunes ont vu le combat et ils ont trouvé ça bien drôle. Dans le temps, la rivalité entre Montréal et Québec était gonflé à bloc et ce soir-là tout a explosé.
On peut dire aujourd’hui que ç’a été une tache noire sur le hockey au Québec. »

Pour ajouter insulte à l’injure, quelques années plus tard, Sévigny signe un contrat de 4 ans avec les Nordiques et c’est Malarchuk qui perd son poste. Heureusement pour lui, après la blessure à la main de Sévigny, Malarchuk reprend sa place et connaît une belle carrière.

« Mon agent était Pierre Lacroix. On avait l’intention de demander un contrat à long terme. Lors de la rencontre avec Serge Savard, il m’avait offert 1 an plus une année d’option. On était censé se reparler plus tard. Je ne sais pas si Serge était trop occupé pour me revenir, mais rendu le premier juillet je suis devenu joueur autonome. Lacroix avait commencé à parler à d’autres équipes. Les Nordiques se sont montrés intéressés même s’ils avaient déjà trois gardiens. Ils m’avaient offert 2 ans plus une année d’option. Nous avions répliqué avec une contre-offre de 3 ans plus une année d’option. Maurice Fillion et Maître Aubut avaient finalement décidé d’accepter la contre-offre. »

Malgré quelques accrochages avec les journalistes, selon Sévigny, tout joueur québécois devrait avoir, à un moment donné, la chance de jouer pour le Canadien.

« C’est un privilège d’avoir pu jouer pour le Canadien. Pour moi le plus beau souvenir c’est d’avoir porté le chandail du Canadien. C’est une des plus belles richesses qu’un joueur de hockey peut avoir. Je souhaiterais à tous les joueurs québécois de pouvoir passer par Montréal. De vivre dans une ville où les joueurs de hockey sont adulés. Certains joueurs qui ont été de grands joueurs ailleurs peuvent passer pour des inconnus tandis que d’autres, qui n’ont joué que quelques matchs à Montréal sont reconnus à travers la province. C’est pour ça que je crois que Daniel Brière aurait bien figuré dans le plan du Canadien. C’est sûr que du côté médiatique c’est difficile. C’est pour cette raison que je crois que Bob Gainey devrait aller chercher un groupe de 3-4 ou même 5 bons joueurs québécois immédiatement pour qu’ils puissent se partager les tâches médiatiques. »

Jeremy Filosa / CKAC Sports

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